Journée d'information sur les produits
Evolution Aqua distribués en France par Aquatiss
La Rochelle - 17 novembre 2006
Une
journée fort intéressante organisée par la société Aquatiss basée à La
Rochelle (17000) en présence de Jasper KUIJPER représentant la société
Evolution Aqua (UK)
Une
belle journée dans un cadre tout indiqué... avant la visite de l'Aquarium
de La Rochelle.
Jasper
KUIJPER (Évolution Aqua) en traduction simultanée par Boris Pelsy et
Jean-Christophe GERARD (Aquatiss) lors de la présentation du fonctionnement des
filtres de la gamme Nexus et des médias de filtration type Kaldnes K1 et
biochip. Un exposé très riche en détails et informations sur l'activité
bactérienne au sein du biofilm et quelques rappels de base sur l'installation
d'un filtre en gravité.
Explications
en détail sur l'installation et le fonctionnement du Nexus 200 - 300 et de l'EasyPod.
Ces filtrations sont installées depuis de nombreuses années dans différents
pays et même au Japon où elles obtiennent d'excellents résultats. Le principe
de base est double :
D'abord
une filtration mécanique jusqu'à 20 µ dans le centre du filtre grâce à
un effet vortex qui fait sédimenter les grosses particules sur les côtés
du fond du filtre et laisse uniquement les plus fines entrer dans le coeur
du filtre, au milieu des Kaldnes statiques. L'eau chargée de ces
micro-déchets traverse les médias de filtration et les micro-déchets sont
pulvérisés au contact des Kaldnes, puis stockés à cet endroit. Il est
impressionnant d'observer lors de la phase de nettoyage la quantité de
saleté retenue par les médias...
Ensuite
le processus du " Kaldnes Moving Bed " (lit mobile) qui consiste
à mettre en mouvement au moyen d'une pompe à air (2400 l/h pour le 200 et
4800 l/h pour le 300) les supports Kaldnes qui sont d'excellents supports
pour la constitution du film biologique et l'accueil des micro-organismes.
C'est cette partie qui traite l'aspect biologique de la filtration.
Il
est important de répéter quelques conseils basiques pour l'installation en
alimentation par gravité des filtres :
Installation
du filtre le plus prêt possible du bassin pour éviter les pertes de charge
dans les canalisations en 110.
Une
bonde de fond = un filtre. Il est cependant possible d'ajouter un skimmer
sur un même filtre.
Ne
pas faire rejoindre plusieurs bondes de fond sur une même canalisation (le
débit théorique optimal pour une bonde de fond et canalisation en 110 est
de 15 m³/h)
Utiliser
une bonde de fond avec un chapeau (le plus grand possible et laissant une
hauteur de 4 à 5 cm avec le fond du bassin) de façon à ce que la pression
de l'aspiration soit latérale et non pas verticale.
Les
Kaldnes :
Il faut comprendre comment la nature transforme les déchets par les biofilms (ou lits bactériens) protecteurs. Le support est essentiel pour permettre un bon développement du biofilm. Il doit être un véritable garage à bactéries et hydrophyle (capable d'emprisonner l'eau) protégeant ainsi sa surface de contact d'un lavage par le passage de l'eau.
Les biofilms ne se développent pas sur toutes les surfaces en plastique. Le bio support va se cogner dans d'autres supports, les parois du filtre, il aura une force de rotation, des bulles d'air viendront s'emprisonner, son poids évoluera en fonction du développement du biofilm... Par exemple, dans un lit mobile, de l'air est employé pour déplacer les médias et pour oxygéner l'eau avec un débit de 80 l/mn à une profondeur de 1m. Les bulles d'air produisent sur le
biomédia une force dynamique de presque 1kg.
Il est important, à ce niveau, de faire une parenthèse sur la résistance des médias. Il est impératif d'utiliser des médias adéquats et testés si vous ne voulez pas en retrouver des morceaux dans la pompe ! Des tests ont été effectués avec d'autres médias sur une machine spéciale. Les autres médias ont été décomposés après 246 manipulations (voir l'image 3) et le Kaldnes K1 n'a pas été cassé après 2.500 fois. Il était cependant, un peu tordu (voir l'image 4). La destruction des médias est tout à fait importante et à prendre en considération parce qu'elle peut d'une part affecter les pompes et d'autre part la réduction de la surface de biofilms protecteurs affectera le fonctionnement biologique du filtre.
Les médias K1 emploient des matériaux de qualité et la méthode de production inclut un processus d'oxydation pour augmenter le contenu d'oxygène
sur les 10 premiers microns du plastique. Ce processus présente l'avantage d'emprisonner l'eau dans le porteur de médias comme on peut le voir dans l'image
5 sur le Kaldnes du haut (en dessous copie du produit). Même lorsque les médias sont en mouvement, l'eau reste toujours à l'intérieur du K1. De cette façon,
il est créé à l'intérieur de chaque média un mini système de filtration où les bactéries et quelques micro-animaux peuvent convertir les déchets en eau saine sans être lessivés par le passage de l'eau.
En raison
du fonctionnement hydrophile du K1 vous obtenez un biofilm protégé comme on
peut le voir dans les images suivantes. Le bio film ne commence pas à partir du bord parce que celui-ci est érodé par l'écoulement de l'eau. Dans la nature, nous avons un équilibre des bactéries qui convertissent l'ammonium en nitrite et puis en nitrate. La source de nourriture pour les micro-animaux est constituée de bactéries mortes, d'algues et de déchets organiques. Puis ils sont eux aussi mangés par de plus grands animaux comme des copépodes, des vers ou par les koi. Les koi excrètent à
leur tour des déchets et c'est la chaîne alimentaire qui recommence.
Les vers qui mangent les micro-animaux bénéfiques comme les rotifères et les vortecilias sont un des problèmes dans les applications de traitement des eaux résiduelles. Pour contourner ce problème, la solution
a été de faire un petit disque avec des cavités qui créent une couche hydrophile, protégeant chaque cavité du support biologique et rendant plus difficile la pénétration des vers dans les trous.
Sur le support biologique, on trouve des micro-organismes aérobies, des organismes hétérotrophes qui vivent de la matière organique comme les bactéries, les mycètes, les bactéries lithotrophiques (consomment de la matière inorganique). Les micro-organismes mangent des bactéries mais préfèrent celles en suspension
dans l'eau (pas de rôle dans la filtration biologique). Les amibes, les ciliés, rotifères, flagellés et nématodes, sont
des micro-organismes que l'on retrouve dans le Kaldnes à une concentration plus élevée comparée aux autres biomédias. Quand le Kaldnes est entièrement colonisé, il y a une " armée" de micro-organismes, de bactéries qui filtrent entre 10.000 et 100.000 fois leur propre volume et les ciliés peuvent consommer des particules entre 2 et 5 µ, pour les rotifères, un maximum de 10 µ,
ces derniers aiment aussi manger de petites particules d'algues.
Résultats
des tests du Nexus par le bureau d'études Coutant - Aquarium La Rochelle :
Éclaircissement
de l'eau en 4 jours après ajout d'alimentation. Les résultats ont été très
satisfaisants.
Le
cycle de l'azote serait également à redécouvrir ou a re-écrire car de
nouvelles espèces de bactéries (plus d'une vingtaine) ont été découvertes
notamment lors de l'analyse du fonctionnement du biofilm présent sur les
Kaldnes. (anammox). Du travail encore pour les microbiologistes et les
ingénieurs qui planchent sur l'épuration industrielle de l'eau (applications
dans de nombreux domaines : eau potable, épuration des eaux résiduelles...).
Les retombées se feront aussi dans le domaine de l'ornement et des bassins à
Koï, mais d'un point de vue de recherche pure, les enjeux sont énormes :
dépollution des eaux pour les rendre potables dans les pays du tiers-monde par
exemple. De nombreuses équipes travaillent sur ces découvertes et chaque jour
on en apprend un peu plus sur le fonctionnement des bactéries dans la
transformation du cycle de l'azote. (notamment la bactérie Kuenenia
stuttgartiensis, prototype du groupe anammox)
Les
bactéries anammox pourraient ainsi être utilisées dans le traitement
biologique des effluents. Les traitements actuels ont pour but de reproduire les
différentes étapes du cycle de l’azote en transformant tous les composés
azotés présents dans l'eau sous forme d'azote gazeux.
Agrégats de
bactéries anammox (microscope électronique)
Actuellement
l'élimination de l'azote ammoniacal est le plus souvent obtenue grâce à des
traitements biologiques, de nitrification - dénitrification. La première
étape de nitrification consiste en une transformation, par des cultures bactériennes
adaptées, de l'azote ammoniacal en nitrates (NO3) en présence d’oxygène. La
seconde étape, la dénitrification, complète le processus. Les nitrates, sous
l'action de bactéries « dénitrifiantes », sont transformés en azote gazeux
(N2) mais cette fois-ci en absence d’oxygène. Cette élimination de l'azote nécessite
donc le plus souvent la conception de deux bassins séparés dans lesquels sont
générées les conditions optimales de chacune des deux phases. De plus, ce
type de traitement biologique s'avère coûteux en énergie d'aération pour la
nitrification et surtout en apport de carbone nécessaire à l'étape de dénitrification.
L'utilisation
d'anammox pour le traitement des eaux usées présenterait ainsi de nombreux
avantages. En réalisant la transformation de l’ammoniaque en azote gazeux
directement en une seule étape, elle permettrait de simplifier le procédé,
d’accélérer le traitement et d'en abaisser considérablement le coût,
notamment en économisant de l'énergie. L'apport d'oxygène au bassin peut-être
réduit, les bactéries anammox n'ont pas besoin de carbone organique pour leur
croissance et produisent moins de biomasse, ce qui réduit la masse de boues à
éliminer en fin de traitement. Son utilisation est actuellement en cours
d’expérimentation au niveau industriel...